Quels premiers réflexes non judiciaires en cas de projet informatique qui tourne mal ?

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Quels premiers réflexes non judiciaires en cas de projet informatique qui tourne mal ?

> situation

Vous rencontrez des difficultés avec un prestataire informatique (retard dans la livraison, logiciel non conforme à vos attentes, manquement à son devoir de conseil) ou, à l’inverse, vous êtes prestataire et faites face à un client difficile (demandes récurrentes de développements supplémentaires non-compris dans le périmètre initiale, absence de collaboration du client, refus de payer, etc.).

Que faire ?

> Réaction

Il convient, avant d’envisager une éventuelle action en justice de prendre toutes les mesures possibles pour tenter de régler les différends à l’amiable avec votre co-contractant.

Une action précontentieuse réussie pourrait en effet vous permettre d’éviter d’avoir à engager du temps et de l’argent dans un procès. Comme le souligne à raison l’adage suivant : « mieux vaut un bon accord qu’un mauvais procès ».

Afin d’informer le tiers de vos reproches, il est nécessaire dans un premier temps d’adresser un courrier mettant celui-ci en demeure de s’exécuter, en lui demandant par exemple de procéder à la livraison ou au paiement. L’intégralité des griefs reprochés devra figurer dans cette correspondance.

Ce courrier permettra de poser clairement vos prétentions, vos arguments et de demander la réparation du préjudice que vous subissez du fait de ses manquements contractuels.

Il s’agit également d’un préalable indispensable si le litige ne parvenait pas à être résolu amiablement et devait donc être porté devant les tribunaux.

Si le tiers s’avère coopératif, la signature d’un protocole transactionnel est essentielle pour reprendre formellement les concessions, droits et obligations des parties, dans un document engageant.

Si, malgré les démarches entreprises, une action en justice devait quoiqu’il en soit être menée, le premier réflexe à avoir est de s’assurer une preuve des manquements reprochés.

Différentes mesures sont à votre disposition afin de vous constituer cette preuve, en passant ou non par le biais d’un juge :

  • Le constat d’huissier : un constat d’huissier, sur Internet ou en physique, permet de donner date certaine aux actes constatés. Il s’agit d’une solution davantage adaptée aux cas où vous avez déjà accès à un livrable ou dans les hypothèses où il ne risque pas, en principe, d’y avoir d’allégation de modification du contenu numérique faisant l’objet du constat.

 

  • Sur autorisation du juge, la saisie sur le fondement des mesures d’instruction « in futurum» d’une copie des développements réalisés dans le cadre du projet avec, le cas échéant, la documentation associée. Une telle mesure permet de limiter toute contestation des parties tenant à une modification par l’une ou l’autre des développements litigieux avant examen par un expert.
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Si vous avez intérêt à récupérer ces preuves par surprise, notamment en raison d’un risque de déperdition si l’autre partie était avertie (ex : récupérer les codes sources/exécutables afin de démontrer la conformité ou non-conformité d’un logiciel…), il est possible, sur justifications, de solliciter ces mesures par une requête, qui est une procédure non-contradictoire dont la partie adverse ne sera pas informée.

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Brevet ou secret : quelle protection choisir pour mon invention ?

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Propriété intellectuelle

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Brevet ou secret : quelle protection choisir pour mon invention ?

> situation

Vous êtes à l’origine d’une invention (ex : un nouveau produit ou procédé de fabrication) et vous interrogez sur le type de protection à choisir.

Il est en effet parfois possible, selon les cas, d’opter pour l’une des deux options suivantes : soit conserver l’innovation secrète, soit la protéger par un dépôt brevet.

Selon le choix fait, les conséquences ne seront pas les mêmes en pratique.

> réaction

Pour faire le choix approprié, vous devez vous pencher sur plusieurs sujets, à savoir notamment :

  • Possibilité de maintenir le secret de l’invention : ainsi par exemple, si l’invention porte sur un produit dont les caractéristiques brevetables ont vocation à être connues dès la commercialisation, alors seul le dépôt d’un brevet sera possible. À l’inverse, pour un procédé de fabrication, une protection par le secret peut être envisagée. Il faudra alors sécuriser ce secret par convention en cas de divulgation éventuelle à des tiers notamment.
  • La durée de protection : la protection conférée par le secret dure aussi longtemps que la discrétion est gardée sur l’invention, contrairement à celle conférée par le brevet qui est limitée à 20 ans.
  • Son caractère brevetable ou non : bien entendu, l’option de protection par le brevet n’est possible que si l’invention est brevetable. Ainsi par exemple, une recette ne pourra être valablement protégée que par le secret.
> Le choix du brevet

Le brevet est un titre de propriété industrielle régi par les articles L.611-1 et suivants du Code la propriété intellectuelle. Il confère à son titulaire un monopole d’exploitation sur son invention, à condition que celle-ci remplisse les critères de brevetabilité, à savoir : la nouveauté (ne pas avoir été divulguée au public et donc être comprise dans ce que l’on appelle l’état de la technique), impliquer une activité inventive (ne pas découler de manière évidente de l’état de la technique pour l’homme du métier) et être susceptible d’application industrielle.

       – Avantages

Le brevet confère un avantage concurrentiel à son titulaire sur le marché. Il lui permet de bénéficier d’un droit exclusif d’exploitation sur son invention pendant une durée de 20 ans maximum à compter du dépôt, ce titre étant opposable à tout tiers reproduisant les caractéristiques objet du brevet. Cela signifie concrètement, sur le territoire de dépôt, que l’on peut interdire aux tiers de reproduire l’invention ou en autoriser certains à le faire, moyennant contrepartie financière le cas échéant.

Il constitue donc également une valeur économique, pouvant faire l’objet de licences ou de cessions.

C’est également un vecteur de diffusion technologique : après le dépôt du titre de propriété industrielle, son contenu devient publiquement accessible et permet de diffuser des connaissances techniques et d’enrichir la recherche et l’innovation.

       – Inconvénients

Le dépôt de brevet a plusieurs implications pouvant apparaître comme autant d’inconvénients, à savoir :

  • L’invention droit être brevetable, à défaut elle ne pourra être protégée par un dépôt.
  • La protection peut être coûteuse, des frais devant être engagés au stade du dépôt mais également chaque année (annuités).
  • Une fois le dépôt réalisé, le détail technique de l’invention est accessible de tous et donc également à de potentiels concurrents indélicats.
  • Une fois le délai de protection de 20 ans passé, l’invention n’est plus protégée (hors reproduction servile) et tombe donc dans le domaine public.
> Le choix du secret

L’invention peut être protégée par le secret des affaires, défini à l’article L.151-1 et suivants du Code de commerce. Celui-ci protège les informations qui ne sont pas généralement connues ou aisément accessibles, qui revêtent une valeur commerciale effective ou potentielle et qui ont fait l’objet de mesures raisonnables de protection pour en conserver le caractère secret.

       – Avantages

Le secret peut également constituer un avantage concurrentiel important, qui permet de préserver la confidentialité de l’invention pendant une durée potentiellement infinie, tant que le secret n’est pas dévoilé/que l’invention n’est pas dans le domaine public, sur un territoire illimité, sans nécessité de remplir les conditions de brevetabilité.  L’exemple classique en la matière est celui de la recette du Coca Cola. Le secret sera privilégié lorsqu’il est par exemple question de savoir-faire, formules ou méthodes non brevetables.

Si secret des affaires il y a, toute atteinte à ce dernier peut être sanctionnée.

C’est un mode de protection qui est donc peu contraignant quant aux démarches à réaliser et peu onéreux, hors ce qui est bien entendu nécessaire pour maintenir la confidentialité.

       – Inconvénients

La protection par le secret des affaires est par nature fragile, en ce qu’elle ne confère aucun droit exclusif à son détenteur légitime. Il est en effet plus aisé d’opposer à un tiers un titre de propriété industrielle plutôt qu’un secret des affaires dont la qualification peut être remise en question.

Par ailleurs, la protection n’est plus effective si le caractère confidentiel de l’information est perdu.

Enfin, et contrairement au brevet, elle ne constitue en principe pas une source directe de revenus, faute de titre de propriété susceptible d’être exploité ou cédé.

Vous voulez en savoir plus ? Un avocat du Cabinet est à votre disposition.

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Comment réagir en cas d’atteinte à mes droits sur mon brevet ?

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Comment réagir en cas d’atteinte à mes droits sur mon brevet ?

> situation

Titulaire d’un brevet, je m’aperçois qu’un tiers fabrique et/ou offre à la vente un produit reproduisant les caractéristiques de mon brevet.

> RÉACTION

  • En premier lieu, il faut prendre les mesures nécessaires à la constitution de la preuve des actes litigieux.
  • En second lieu, et selon les circonstances, il convient d’envoyer une mise en demeure et/ou d’assigner directement en justice, en urgence si nécessaire.
> concrètement

L’appréciation de la contrefaçon se fait par rapport aux revendications du brevet concerné qui constituent le périmètre de la protection.

Différentes mesures probatoires existent telles que notamment le constat d’huissier, ou la saisie-contrefaçon.

Pour la réalisation d’un constat d’huissier, ce dernier constate les faits de contrefaçon, notamment sur Internet, en réalisant des copies d’écran ou en constatant l’achat d’un produit contrefaisant par un tiers. Attention, sans autorisation du juge, l’huissier ne peut pas pénétrer dans un lieu privé tel que, par exemple, un site de production ou un magasin.

A l’inverse, dans le cadre d’une saisie-contrefaçon, l’huissier est autorisé par le juge à pénétrer par surprise chez un tiers aux fins de constater les actes de contrefaçon. Lors de ces opérations, il est en pratique accompagné du conseil en propriété industrielle du breveté et/ou d’un informaticien afin d’assister l’huissier sur les aspects techniques. L’huissier doit cependant rester maître des opérations, sauf à prendre le risque de la nullité de la saisie.

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Que faire après la signature d’un contrat sur un brevet ?

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Que faire après la signature d’un contrat sur un brevet ?

Tout comme sa naissance par la délivrance, tous les événements marquants de la vie d’un brevet (ex : cession, licence, apport en société, nantissement, etc.) doivent, en principe, faire l’objet d’une inscription auprès du registre de l’Office concerné (ex : INPI, OEB, etc.).

> Comment procéder à l’inscription ?

La demande d’inscription pourra être présentée par l’une ou l’autre des parties à l’acte.

Selon les offices concernés, elle peut être effectuée en règle générale en ligne et comporte deux procédures : une procédure classique permettant de faire une inscription sous quelques semaines et une procédure accélérée permettant, si la demande est régulière, de faire une inscription sous quelques jours.

Pour un brevet français par exemple, l’inscription devra se faire auprès du Registre national des brevets. Après l’inscription, vous recevrez un récapitulatif en ligne, et l’inscription sera par la suite publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI) afin d’être rendue publique, donc opposable aux tiers.

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L’inscription est nécessaire à l’opposabilité mais n’impose pas de révéler l’ensemble des engagements convenus entre les parties, les plus sensibles pouvant être gardés confidentielles.

> L’inscription : une obligation pour l’opposabilité

L’inscription est obligatoire pour rendre vos droits opposables. Ainsi par exemple, lorsque vous acquérez un brevet en signant un contrat de cession de brevet, vous devez inscrire cet acte auprès de l’Office concerné.

A défaut d’inscription, vous ne pourrez pas vous prévaloir de vos droits à l’égard de tiers contrefacteurs et toute action en contrefaçon engagée avant inscription sera jugée irrecevable par les Tribunaux.

> Mais doit-on rendre disponible à tout tiers le contenu du contrat signé ?

La réponse est négative, vous avez la possibilité de biffer les passages sensibles du contrat à inscrire (ex : prix, garanties données, etc.). Seules les mentions permettant d’attester de l’opération effectuée doivent être accessibles, à savoir par exemple pour une cession de brevet, les noms et coordonnées des parties, la mention de la cession avec le détail du brevet concerné (ex : son numéro de dépôt).

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Attention aucune inscription n’est possible tant que le brevet n’est pas publié.

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Qu’est-ce que je risque en cas de non-respect du RGPD ?

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Qu’est-ce que je risque en cas de non-respect du RGPD ?

> La règle

La CNIL est dotée d’un pouvoir de sanction, notamment lorsqu’à l’issue d’un contrôle de sa part ou d’une plainte, un non-respect du RGPD est constaté.

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD, les sanctions financières encourues en cas de non-respect de la législation sur les données à caractère personnel sont particulièrement dissuasives.

Ainsi, selon la catégorie de l’infraction retenue, les amendes peuvent aller jusqu’à 20 millions d’euros, ou, dans le cas d’une entreprise, jusqu’à 4% du chiffre d’affaires annuel mondial (le montant le plus élevé des deux options étant retenu). Si la commission le décide, la sanction peut en outre être rendue publique.

La CNIL prendra plusieurs critères en considération pour évaluer l’amende administrative à fixer, à savoir notamment la nature, la gravité ou encore la durée de la violation, le nombre de personnes affectées, etc.

A noter par ailleurs que la CNIL peut opter, dans un premier temps en tout cas, pour des mesures intermédiaires type prononcer un rappel à l’ordre, enjoindre de mettre le traitement querellé en conformité ou encore limiter temporairement ou définitivement un traitement.

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ll est également reconnu un droit à réparation à toute personne ayant subi un dommage matériel ou moral du fait d’une violation RGPD par le responsable du traitement ou un sous-traitant.

> L'exception

Vous serez exonéré de sanctions si vous prouvez que le fait qui a provoqué le dommage subi par la personne concernée ne vous est pas imputable.

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