J’ai créé une œuvre avec plusieurs personnes, quels sont mes droits ?

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J’ai créé une œuvre avec plusieurs personnes, quels sont mes droits ?

La création à laquelle ont concouru plusieurs personnes peut revêtir deux qualifications : œuvre collective ou œuvre de collaboration.

> L’œuvre collective

L’œuvre collective est créée sur l’initiative d’une personne physique ou morale qui l’édite, la publie et la divulgue sous sa direction et son nom et dans laquelle la contribution personnelle des divers auteurs participant à son élaboration se fond dans l’ensemble, sans qu’il soit possible d’attribuer à chacun d’eux un droit distinct sur l’ensemble.

 

Une telle œuvre est la propriété de la personne physique ou morale sous le nom de laquelle elle est divulguée. Les personnes physiques y ayant contribué ne peuvent faire valoir des droits sur l’œuvre, à moins qu’ils ne renversent la présomption de titularité en démontrant ne pas avoir été soumis à des directives de la personne morale.

 

Pour qu’une œuvre collective soit qualifiée comme telle, plusieurs critères cumulatifs doivent être réunis :

  • l’œuvre est à l’initiative d’une personne physique ou morale qui a un rôle d’initiative, de direction, de coordination dans l’élaboration de celle-ci,
  • elle est divulguée sous le nom de cette personne physique ou morale,
  • une fusion des contributions de chacun dans un tout indissociable).

 

Le régime de l’œuvre collective peut par exemple trouver à s’appliquer à la création d’un site internet par une entreprise, à l’élaboration d’un dictionnaire par une maison d’édition ou aux journaux de presse.

 

Elle trouve également souvent à s’appliquer dans le cas d’œuvres élaborées par des salariés pour le compte et sous la direction et les consignes de leur employeur. Cette qualification a notamment pu être retenue, par exemple, dans le cas de photographies faites pour des shootings de marque de prêt-à-porter, ou pour des créations de modes créées par des stylistes pour l’entreprise qui les emploie, lorsque les salariés ne sont pas en mesure de démontrer qu’ils ont conservé leur liberté créatrice dans le processus de création.

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Pour qu’une œuvre collective soit qualifiée comme telle, plusieurs critères cumulatifs doivent être réunis (notamment œuvre à l’initiative d’une personne physique ou morale et fusion des contributions de chacun dans un tout indissociable).

> L’œuvre de collaboration

L’œuvre de collaboration est une œuvre à la création de laquelle ont concouru plusieurs personnes physiques.

 

Lorsque plusieurs auteurs ont agi dans un but de collaboration concertée, en se concertant et dans un but commun, les droits d’auteur sont la propriété de l’ensemble des coauteurs.

 

Par exemple, une bande dessinée avec un scénariste et un illustrateur est une œuvre de collaboration, tout comme les œuvres audiovisuelles auxquelles participent le scénariste, le réalisateur, l’auteur du texte, l’auteur des compositions musicales, etc.

 

Les auteurs sont alors soumis au régime de l’indivision (article L.113-3 du Code de la propriété intellectuelle). En conséquence, l’accord unanime de tous les coauteurs de l’œuvre est requis pour décider de tout acte d’exploitation ultérieur (édition, publication, reproduction, traduction, adaptation, etc.).

 

Ceci étant, dans une œuvre de collaboration, lorsque la participation de chacun des coauteurs relève de genres différents, chacun peut, sauf convention contraire, exploiter séparément sa contribution personnelle, sans toutefois porter préjudice à l’exploitation de l’œuvre commune.

 

A titre d’exemple, pour les coauteurs d’une bande-dessinée, la jurisprudence a été amenée à considérer que, si les personnages ont été créés par le dessinateur seul, sans le concours du scénariste, le dessinateur peut les exploiter indépendamment, à la condition de ne pas nuire à l’exploitation de l’œuvre commune. Tout est donc question d’appréciation au cas par cas.

 

De plus, en cas d’action en contrefaçon à l’encontre d’un tiers par un des co-auteurs, celui-ci doit mettre en cause tous les co-auteurs de l’œuvre. Cela ne s’applique pas en cas de défense de son droit moral par un des co-auteur sur sa contribution lorsque celle-ci est individualisée.  

 

Il est préférable en amont d’une œuvre de collaboration de formaliser les modalités d’intervention de chacun et de préciser leurs droits et devoirs afin d’éviter tout désaccord/litige ultérieur.

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Il est préférable en amont d’une œuvre de collaboration de formaliser les modalités d’intervention de chacun et de préciser leurs droits et devoirs afin d’éviter tout désaccord/litige ultérieur.

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Comment défendre mes droits sur mes créations ?

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Comment défendre mes droits sur mes créations ?

> situation

 

Vous vous apercevez qu’un tiers ou un partenaire commercial se rend coupable d’actes de contrefaçon, de concurrence déloyale ou parasitaires.

  • Exemple 1 : vous avez développé un logiciel et vous rendez compte qu’il est utilisé par un ancien partenaire, sans que vous l’y ayez préalablement autorisé.
  • Exemple 2 : vous êtes l’auteur d’un roman et découvrez qu’il a été adapté au cinéma sans votre autorisation.
  • Exemple 3 : vous avez créé une gamme de peluches représentant divers animaux de la ferme que vous commercialisez auprès de distributeurs et réalisez qu’un concurrent a copié cette gamme et tente de la proposer à vos distributeurs.
  • Exemple 4 : vous avez réalisé un bâtiment en qualité d’architecte et celui-ci a fait l’objet de modifications par un tiers ce qui, selon vous, dénature votre travail.
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Bon à savoir : seuls certains tribunaux judiciaires sont compétents pour connaître des actions en matière de propriété littéraire et artistique et donc d’une action en contrefaçon de vos droits d’auteur (en l’occurrence, Rennes ou Bordeaux pour l’Ouest de la France).

> Réaction

Preuve des agissements illicites

En cas d’atteinte à vos droits, il est idéalement recommandé de conserver la preuve des agissements en cause, via un constat d’huissier (physique ou en ligne en cas de contrefaçon sur internet) ou encore une saisie-contrefaçon.

Une fois cela fait, les actions contentieuses / précontentieuses pertinentes pourront être mises en œuvre.

Actions précontentieuses

Outre qu’elle permet d’exposer clairement vos arguments juridiques, une lettre de mise en demeure envoyée au contrefaisant est un préalable indispensable car si le litige ne parvenait pas à être résolu amiablement et devait donc être porté devant les tribunaux, une démarche amiable doit, sauf exception, être nécessairement démontrée.

Si une telle démarche est couronnée de succès, cela évitera donc d’engager du temps et de l’argent dans une procédure judiciaire. L’idéal, lorsqu’un accord est trouvé, est de le formaliser dans ce que l’on appelle un protocole transactionnel qui reprendra les principes sur lesquels les parties se sont accordées.

Action en contrefaçon 

A défaut de succès via une démarche amiable ou en cas d’urgence, vous pourrez saisir la justice sur le fondement de la contrefaçon. Pour ce faire, il sera nécessaire notamment de caractériser l’originalité de votre création.

En cas de jugement favorable, l’action en contrefaçon vous permettra, outre d’obtenir la cessation des actes contrefaisants, d’être indemnisé du préjudice subi, via l’obtention de dommages et intérêts (prenant le cas échéant en compte votre manque à gagner, la perte subie, le préjudice moral vous étant causé ou encore les bénéfices réalisés par le contrefacteur) ou encore d’obtenir une condamnation du contrefacteur à reproduire les conclusions du tribunal sur son site internet.

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Comment faire constater la contrefaçon de mes créations ?

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Comment faire constater la contrefaçon de mes créations ?

> Situation

Vous vous apercevez qu’un tiers se rend coupable d’actes de contrefaçon (ex : représentation de vos photographies sur Internet sans votre autorisation, reproduction d’une statue créée par vous sur des porte-clefs vendus en grande surface, réutilisation des codes sources d’un logiciel développé par un ancien salarié par la société concurrente que ce dernier a créé), que faire ?

Avant toute action, il est essentiel de vous constituer une preuve des agissements reprochés.

Différentes mesures sont à votre disposition afin de vous constituer cette preuve, nécessitant ou non, selon les cas, l’intervention préalable d’un juge.

> Concrètement

Ainsi, vous pouvez :

  • Faire réaliser un constat d’huissier, sur internet ou dans un lieu physique (accessible au public ou avec autorisation du propriétaire des lieux), afin que ce dernier constate la présence par exemple des contrefaçons dans un lieu déterminé ou leur mise en vente sur internet.

 

  • Faire diligenter une saisie-contrefaçon: cette mesure très efficace permet, en dehors de tout débat contradictoire, sans donc avoir à prévenir qui que ce soit, de pénétrer chez autrui sans son assentiment, afin de recueillir la preuve des faits de contrefaçon allégués.

Comme il s’agit d’une procédure qui porte atteinte au principe du contradictoire, elle doit être préalablement autorisée par un juge.

Qui peut solliciter une saisie contrefaçon ? Toute personne qui est habilitée à agir en contrefaçon.

Quels justificatifs apporter ? La preuve de l’existence du droit dont on considère qu’il a été violé (pour un droit d’auteur la preuve de sa date de création et de son originalité).

Que demander précisément au juge ? D’autoriser l’huissier à mener toutes recherches aux fins de constater la contrefaçon, de recueillir les déclarations du saisi sur un exemplaire de la contrefaçon, de prévenir que l’huissier pourra faire des recherches sur les postes informatiques, assisté d’un expert en informatique, d’autoriser l’intervention des forces de police ou que la saisie se fasse simultanément sur plusieurs sites différents pour éviter que la preuve des faits reprochés soit détruite, etc.

Une fois les opérations passées, il faut faire bien attention aux délais impartis par les textes pour intenter une action en justice au fond. Si ces délais ne sont pas respectés, la saisie deviendra caduque.

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Afin de réagir en cas d’atteinte à vos droits d’auteur par un tiers, il est important que vous puissiez vous constituer la preuve des actes que vous lui reprochez. La saisie-contrefaçon est, à cet égard, une mesure très efficace.

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Puis-je utiliser la création d’un auteur décédé ?

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Puis-je utiliser la création d’un auteur décédé ?

> La règle

L’article L.123-1 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que l’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire.

Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit (ex : héritiers), pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent.

Cela signifie que c’est seulement soixante-dix ans après la mort de l’auteur que son œuvre tombe dans le domaine public et devient donc une « chose commune » dont l’usage est autorisé pour tous.

Exemple d’une œuvre tombée dans le domaine public :  Jules Verne a publié son ouvrage protégé par le droit d’auteur « Le Tour du Monde en 80 jours » en 1873. Il est décédé le 24 mars 1905. « Le Tour du Monde en 80 jours » est alors tombé dans le domaine public le 1er janvier 1976.

Des règles de calcul spécifiques de la durée de protection existent pour certains types d’œuvres (ex : œuvres de collaboration, œuvres audiovisuelles).

> L'exception

Si les droits dits patrimoniaux, ou économiques, de l’auteur d’une œuvre tombent dans le domaine public 70 ans après son décès, son droit moral est cependant perpétuel, inaliénable, imprescriptible et transmissible à ses héritiers à son décès (paternité, droit au respect de l’intégrité, etc.).

Ainsi, vous ne devez pas porter atteinte au droit moral de l’auteur, même après que son œuvre soit tombée dans le domaine public. Si vous êtes héritiers de l’auteur, vous pourrez ainsi vous opposer en cas d’atteinte notamment à l’intégrité de l’œuvre (ex : modification du texte d’une œuvre littéraire, adaptation d’une peinture, etc.)

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Il est possible de limiter les effets de la perte des droits d’auteur en usant du droit des marques afin d’en garder le monopole sous réserve que les conditions de protections soient respectées. Par exemple, les personnages principaux de l’ouvrage Le Petit Prince ont été déposés à titre de marque. Cela implique notamment qu’il n’est pas possible d’utiliser les personnages du Petit Prince (ex : le Petit Prince, le renard, la rose) pour en faire une adaptation audiovisuelle sans l’autorisation du titulaire de la marque. Attention donc à bien vérifier ce point en amont.

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Mes droits d’auteur sont contrefaits à/depuis l’étranger, comment réagir ?

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Mes droits d’auteur sont contrefaits à/depuis l’étranger, comment réagir ?

> Situation

Vous vous apercevez qu’un tiers ou partenaire commercial se rend coupable d’actes de contrefaçon.

  • Exemple 1 : vous avez développé un site internet pour votre activité qui présente un graphisme très particulier et une société allemande a repris ce design pour son propre site.
  • Exemple 2 : vous découvrez que des statuettes que vous avez conçues et que vous vendez dans votre commerce sont fabriquées en Pologne et revendues sur des marchés en France.
> Concrètement

Le droit d’auteur, contrairement au droit des marques, des brevets ou dessins et modèles qui nécessite un dépôt dans chaque pays, peut trouver à s’appliquer, par application de la convention de Berne, en dehors de la France si le critère de protection du pays concerné est rempli. De telle sorte, si vous constatez une contrefaçon de vos droits à l’étranger, vous pouvez en principe, sauf exceptions, vous y opposer.

Il conviendra cependant de vous constituer la preuve des agissements indélicats, via par exemple la réalisation de constats d’huissiers en ligne si pertinent.

En cas de soupçon d’actes de contrefaçon en provenance d’un pays tiers à destination de la France ou de l’UE, vous pouvez également faire une demande d’intervention des douanes. Ainsi, cela vous permettra de faire bloquer les marchandises potentiellement contrefaisantes, de les inspecter, de vous prononcer sur le caractère contrefaisant et de vous préconstituer une preuve en cas d’action en justice.

Il faut pour ce faire déposer une demande écrite préalable d’intervention auprès de la douane, qui doit contenir toutes les informations nécessaires pour que les autorités douanières puissent reconnaître facilement les marchandises.

 La demande d’intervention peut être fondée sur deux textes différents :

  • Droit de l’UE : surveillance des marchandises de statut « tiers » à leur arrivée sur le territoire de l’Union Européenne,
  • Droit français : surveillance des marchandises sur le territoire national déjà dédouanées.

Il est pertinent de faire des demandes simultanées sur ces deux fondements.

La douane pourra, même en l’absence de toute demande écrite, retenir les marchandises soupçonnées de contrefaçon.

La douane ne pourra retenir les marchandises que pendant une période de 10 jours ouvrables (3 jours ouvrables lorsqu’il s’agit de denrées périssables) à compter de la notification de la retenue en douanes.

A noter que le ministère public est tenu informé par la douane de la retenue de marchandises. Il pourra alors décider de poursuivre le cas échéant. Passé ce délai et à défaut d’actions, les marchandises sont libérées.

Une fois la preuve des actes de contrefaçon en votre possession, il conviendra alors d’adresser le cas échéant une mise en demeure au concurrent indélicat et, si nécessaire, d’engager une action en justice à son encontre, éventuellement en urgence.

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Attention cependant, lorsqu’un produit couvert par des droits d’auteur a été commercialisé dans un Etat membre de la Communauté européenne par vous-même ou avec votre autorisation, les droits d’auteur sur ce dernier sont ensuite considérés comme épuisés de sorte que vous ne pourrez plus vous opposer à sa commercialisation sur ce territoire.

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