Licence de marque – comment ça marche ?

Avocat droit des marques Nantes Le propriétaire d’une marque bénéficie, sur le signe déposé, d’un monopole : il est le seul à pouvoir utiliser sa marque dans le ou les pays où elle est déposée pour les produits et/ou services désignés.

Pour autant, il peut souhaiter soit ne pas exploiter en direct, soit autoriser des tiers à l’exploiter également, et ce pour des raisons des plus diverses : exploitation par une filiale, à l’international …

Il peut dans pareil cas être intéressant de réfléchir à conclure un contrat de licence de marque.

 

Un contrat de licence de marque : qu’est ce que c’est ?

 

On parle de contrat de licence lorsque le propriétaire d’une marque concède à une autre personne une autorisation d’exploiter sa marque selon un périmètre défini.

Derrière cette définition générale, les contrats de licence peuvent comporter en pratique des différences notables pour correspondre aux souhaits des parties.

Mais si la licence de marque peut correspondre à des réalités variées, elle doit toutefois être distinguée de :

  • La cession : le titulaire de la marque ne concède pas une simple autorisation de l’exploiter, mais en cède la propriété.
  • La franchise : si elle peut comporter une autorisation d’exploiter une marque, la franchise est avant tout la transmission et la mise en œuvre d’un savoir-faire. Un contrat spécifique devra être conclu.

 

A quoi faire attention dans ce type de contrat de licence ?

 

La licence de marque n’a pas obligatoirement à être un acte écrit : néanmoins, un tel écrit est recommandé pour s’épargner bien des difficultés par la suite.

Parmi les différentes clauses susceptibles d’être présentes dans un contrat de licence, il convient d’être particulièrement vigilant, entre autres, sur les points suivants.

 

Licence de marque : son périmètre

 

Les parties peuvent aménager sur différents points ce périmètre.

S’agissant de la marque même tout d’abord (qui peut être déjà enregistrée ou simplement déposée, mais doit impérativement être en vigueur), la licence peut porter sur l’intégralité des produits et/ou services visés ou seulement sur une partie d’entre eux. Le titulaire peut par exemple se réserver l’exploitation de sa marque pour la fabrication et la vente de produits informatiques et concéder une licence pour la fourniture de services de maintenance.

La licence peut également porter sur tout ou partie du territoire visé par la marque, permettant de répondre à des nécessités pratiques allant de l’exploitation au sein d’une région à celle dans plusieurs pays (pour une marque internationale ou une marque de l’Union européenne). Il est ainsi possible de concéder des droits à des tiers pour une exploitation dans les Pays de la Loire et à d’autres dans la région parisienne, ou en France pour certains et en Allemagne pour d’autres, etc.

Enfin, la durée de la licence doit être réfléchie et prévue au contrat car une marque n’a potentiellement pas de limite de durée (sous réserve de son renouvellement tous les 10 ans qu’il ne faut pas oublier). Les parties pourront ainsi notamment prévoir une durée fixe avec nécessité de resigner un contrat à échéance (ce qui peut être lourd en pratique) ou un renouvellement du contrat à chaque échéance (automatique ou soumis à conditions, étant précisé qu’un préavis suffisant doit être prévu notamment si la relation est de longue date). Il faut également se ménager des possibilités de sortie du contrat avant échéance pour les parties, par exemple en cas de manquement de l’une d’entre elles à ses obligations ou contractuelles.

Il est en outre important de prévoir ce qui se passera à l’échéance du contrat : cessation de l’usage des marques par le licencié notamment (supports de communication, écoulement éventuel des stocks de produits, etc.).

Afin de pouvoir vérifier que le périmètre de la licence est bien respecté, il est en sus généralement conseillé de prévoir une clause permettant au concédant d’auditer son licencié de manière régulière.

 

L’exclusivité

 

La licence peut être exclusive : le licencié est alors le seul à pouvoir exploiter la marque sur le périmètre donné – excluant ainsi, le cas échéant, une exploitation par le concédant lui-même.

L’exclusivité emporte notamment de forts enjeux sur ce qui est attendu du licencié : s’il est le seul à pouvoir réaliser une activité commerciale, le concédant va nécessairement être plus exigeant à son égard, en prévoyant par exemple des objectifs de chiffre, notamment si la redevance est fixée proportionnellement à un chiffre d’affaires réalisé (ce qui est souvent le cas).

Elle a également une incidence sur la défense des droits : le licencié exclusif pourra agir lui-même contre une contrefaçon de la marque par un tiers, à la condition que le contrat ne le lui interdise pas et qu’il ait mis en demeure au préalable le titulaire de la marque d’agir.

A l’inverse, le licencié non exclusif ne pourra que le cas échéant se joindre à l’action mais pas l’engager lui-même (sauf pour une marque de l’Union Européenne, où il pourra agir à titre principal aux mêmes conditions qu’un licencié exclusif).

Attention enfin : lorsque le contrat de licence est conclu avec une exclusivité qui implique que le licencié s’engage à ne pas exploiter d’autres marques, la remise d’un document d’information précontractuelle est obligatoire, dans les mêmes conditions que pour un contrat de franchise.

 

Les obligations du licencié

 

En contrepartie de l’autorisation d’utiliser la marque, le licencié sera dans la plupart des cas soumis au paiement de redevances, qui seront en généralement (mais pas toujours) proportionnelles à l’exploitation commerciale de la marque et donc aux ventes/à la fourniture de produits et/ou services sous cette dernière.

Ces redevances peuvent être assorties d’un montant plancher, afin d’assurer des revenus pour le concédant quelle que soit l’exploitation, ou être accompagnées du paiement d’un droit d’entrée au début du contrat.

Le licencié, particulièrement s’il bénéficie d’une exclusivité, peut être soumis à une obligation d’exploiter la marque et de réaliser un volume minimal de ventes avec celle-ci. Cela peut notamment avoir des enjeux importants vis-à-vis de la marque elle-même : si le licencié exclusif ne l’exploite pas pendant 5 ans, elle pourrait en effet encourir la déchéance pour non-usage.

Le contrat peut également encadrer les conditions dans lesquelles les marques peuvent être utilisées, particulièrement dans certains domaines où la présentation est primordiale (marques de luxe par exemple).

 

Les obligations du concédant

 

Le concédant doit s’assurer, pendant toute la durée de la licence, du maintien en vigueur de la marque, en la renouvelant si nécessaire mais également en la défendant face à d’éventuelles actions de tiers.

Il appartient par ailleurs au concédant en règle générale mais cela peut être mis à la charge du licencié, de faire inscrire le contrat de licence auprès de l’office où la marque est déposée (INPI pour une marque française, EUIPO pour une marque de l’Union Européenne).

Si cette inscription n’est pas obligatoire, elle est requise pour que le contrat de licence soit opposable à des tiers : à défaut en principe (sauf cas spécifique), pas d’action en contrefaçon possible ! Cela rend donc l’écrit de facto obligatoire pour ce type de contrats.

 

En résumé, un contrat de licence peut permettre de répondre à des besoins divers et doit être rédigé sur mesure pour chaque situation. Il peut donc être utile de recourir à un avocat droit des marques pour bénéficier d’une assistance dans cette rédaction.

 

Prospection commerciale et consentement à la collecte de données personnelles : not FORIOU

Base de donnéesPar une décision du 31 janvier 2024, la CNIL a examiné la collecte du consentement de personnes physiques pour l’utilisation de leurs données dans le cadre de démarchage.

 

Contexte

 

La société FORIOU mène des campagnes de démarchage téléphonique pour faire la promotion de programmes de fidélité.

Pour ces campagnes, elle achète des données personnelles de prospects auprès de différents courtiers en données et d’éditeurs de sites de jeux-concours.

La CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a été amenée à contrôler la conformité au RGPD de ces campagnes, et a notamment vérifié la manière dont les entités qui vendaient les données personnelles à FORIOU avaient pu les obtenir auprès des personnes concernées.

 

Solution

 

1/ Une collecte de données personnelles qui ne permettait pas de recueillir valablement le consentement des internautes

 

La CNIL s’est dans un premier temps attachée à vérifier les formulaires utilisés par les entités qui collectaient les données personnelles.

Ces formulaires invitaient les utilisateurs à renseigner diverses données (Nom et prénom, adresse, téléphone…) avec un intitulé « Remplissez vos coordonnées ci-dessous en cas de gain », et comportaient des mentions en caractères de plus petite taille en bas de formulaire permettant aux utilisateurs d’accéder par lien hypertexte aux règlements de jeu concours, à la politique de confidentialité ainsi qu’à une liste de sponsors.

La CNIL considère toutefois que le bouton « VALIDER » (ou « CONTINUER »), particulièrement mis en valeur pas sa taille et sa couleur, orientait fortement les utilisateurs à accepter cette collecte de leurs données.

En conséquence, l’apparence trompeuse de ces formulaires ne permettait pas aux courtiers et organisateurs de jeu concours de recueillir un consentement libre et univoque de leurs utilisateurs.

A défaut d’un tel consentement, la collecte de données n’avait donc plus aucune base légale.

 

2/ FORIOU condamnée pour ne pas s’être assuré de la validité du consentement

 

Si les sociétés vendant les données personnelles ne disposaient donc pas de base légale pour les avoir collectées, la société acheteuse n’en avait dès lors pas plus.

Or, pour la CNIL, il appartenait à la société, en tant qu’utilisatrice des données collectées, de s’assurer que les personnes concernées avaient exprimé un consentement valide.

Or, si la société FORIOU avait contractuellement imposé des exigences vis-à-vis de ceux qui lui vendaient les données personnelles, la CNIL relève qu’elle n’opérait en pratique aucun contrôle sur les données personnelles achetées et qu’une proportion importante de ses fichiers de données n’étaient pas conformes à la règlementation sur les données personnelles.

La société FORIOU est en conséquence condamnée au paiement d’une amende de 310.000 euros, correspondant à environ 1% de son chiffre d’affaires.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur ce sujet, un avocat propriété intellectuelle du cabinet SOLVOXIA se tient à votre disposition.

Contrefaçon de marque : ICE remet les pendules à l’heure

 

Avocat droit des marques NantesDans un arrêt du 24 novembre 2023, la Cour d’appel de Paris s’est prononcée sur le rejet, par le directeur général de l’INPI, de la demande en nullité partielle de la marque « ICE DIVING ACADEMY » sur le fondement de la marque antérieure « ICE ».

 

Contexte : La marque « ICE DIVING ACADEMY » porte-t-elle atteinte à la marque antérieure « ICE » ?

 

Dans cette affaire, par décision du 31 mars 2022, le directeur général de l’INPI avait rejeté la demande en nullité partielle formée par le titulaire de la marque de l’Union européenne « ICE » à l’encontre de la marque postérieure française « ICE DIVING ACADEMY », désignant notamment en classe 14 les « boîtiers de montres ; bracelets de montres ».

Le titulaire de la marque « ICE » a donc formé un recours devant la Cour d’appel de Paris pour que la décision de rejet du directeur général de l’INPI soit infirmée.

 

Solution : La marque « ICE DIVING ACADEMY » est annulée pour risque de confusion ou d’association

 

Le caractère distinctif accru de la marque « ICE » en raison de sa notoriété

 

Afin d’apprécier le bien-fondé de la demande en nullité de marque, la Cour d’appel a eu à apprécier le risque de confusion entre la marque litigieuse et la marque antérieure invoquée.

La Cour d’appel a retenu que le titulaire de la marque « ICE » avait démontré que celle-ci était connue par une large partie du public français pour désigner des montres en raison de son importante publicité (notamment grâce à des personnalités du sport et de la musique) et de son succès commercial.

La Cour d’appel a donc précisé qu’il convenait de tenir compte de la notoriété de la marque antérieure « ICE » et de son caractère distinctif accru pour des montres dans l’appréciation du risque de confusion, cela impliquant en effet que le public retienne particulièrement le terme distinctif et dominant « ICE » pour des montres notamment.

 

L’existence d’un risque de confusion ou d’association entre les deux marques

 

La Cour d’appel a en conséquence tranché en ce sens que l’élément « ICE » aurait dû être jugé par le directeur général de l’INPI comme l’élément dominant et distinctif du signe « ICE DIVING ACADEMY ». S’il pouvait conceptuellement évoquer une école de plongée, l’élément « ICE » est en effet placé en position d’attaque et sera retenu par le public en raison de son caractère particulièrement distinctif pour des montres et articles d’horlogerie.

Par conséquent, la Cour a retenu que les ressemblances entre les deux marques étaient suffisantes à caractériser un risque de confusion ou d’association pour le public pertinent. Celui-ci pourrait en effet considérer que « ICE DIVING ACADEMY » est une déclinaison de la marque antérieure « ICE » et les rattacher à une origine commune, d’autant qu’elles sont enregistrées pour des produits identiques ou très similaires.

La Cour a donc prononcé la nullité partielle de la marque « ICE DIVING ACADEMY ».

Vous souhaitez obtenir de plus amples informations en la matière, notamment en ce qui concerne la protection de vos marques, un avocat droit des marques du cabinet SOLVOXIA se tient à votre disposition si nécessaire.

 

Contrefaçon pour non-respect d’une licence de logiciel libre : Orange voit rouge

avocat contrat informatique Dans un arrêt du 14 février 2024 (RG n°22/18071), la Cour d’appel de Paris s’est prononcée sur une problématique de contrefaçon de droits d’auteur pour violations des conditions d’une licence libre de logiciel.

Contexte : la société Orange avait repris des développements sous licence libre dans la réalisation d’une plateforme logicielle

 

Dans cette affaire, les sociétés Orange et Orange Business Service ont répondu à un appel d’offre, en 2005, de l’Agence pour le gouvernement de l’administration électronique (ADAE) afin de créer un portail électronique relatif à la gestion des identités des administrés dénommé « Mon Service Public ». Pour y parvenir, les sociétés Orange ont commercialisé auprès de l’Etat une plateforme logicielle appelée « Identité management Plateforme » (IDMP) intégrant le logiciel LASSO.

 

Celui-ci a été créé en 2004 par la société Entr’Ouvert qui le diffuse sous licence libre GNU GPL version 2. Dès lors, son utilisation est soumise à un régime contractuel spécifique.

 

En effet, l’incorporation du logiciel LASSO dans la plateforme IDMP, son utilisation et sa distribution par les sociétés Orange entraînait, selon la société propriétaire, une violation de la licence GNU GPL V2 et ainsi une contrefaçon du logiciel.

 

Dès lors, la société Entr’Ouvert a assigné Orange pour contrefaçon et concurrence parasitaire.

 

Par un arrêt du 19 mars 2021, la Cour d’appel de Paris, a fait droit aux demandes de la société Entr’Ouvert sur le fondement du parasitisme, en déclarant ses demandes sur le fondement de la contrefaçon de droit d’auteur irrecevables puisque fondées sur une violation du contrat de licence.

 

Dans un arrêt du 5 octobre 2022, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a cassé partiellement l’arrêt en ce qu’il a déclaré la société Entr’Ouvert irrecevable à agir en contrefaçon.

 

Ainsi, l’affaire a été renvoyée devant la Cour d’appel de Paris pour trancher cette question.

 

Solution : la violation des termes d’une licence de logiciel (ici libre) constitue de la contrefaçon

 

La question du fondement contractuel ou de la contrefaçon tranchée

 

Dans sa décision, la Cour d’appel tranche tout d’abord la question du fondement de la responsabilité.

 

Elle rappelle que la violation d’une clause d’un contrat de licence de logiciel portant sur des droits de propriété intellectuelle relève de la notion d’ « atteinte aux droits de propriété intellectuelle » et que, par conséquent, le titulaire des droits est recevable à agir sur le fondement de la contrefaçon de ses droits. Elle infirme donc la position des juges de première instance et d’appel.

 

Cette décision de la Cour d’appel de Paris s’inscrit donc dans la lignée jurisprudentielle de la Cour de Justice de l’Union Européenne, dans sa décision du 18 décembre 2019.

 

La condamnation pour contrefaçon pour violation de la licence de logiciel prooncée

 

La Cour se penche ensuite sur la question de la contrefaçon de logiciel dans le cas d’espèce.

 

Elle caractérise tout d’abord l’originalité du logiciel LASSO. En effet, les logiciels sont éligibles à la protection par le droit d’auteur si ceux-ci revêtent une originalité issue d’un effort personnalisé allant au-delà de la simple mise en œuvre d’une logique automatique. Ici, la cour retient que, par sa composition, son architecture et son expression originales, le logiciel LASSO, qui se distingue des autres logiciels du même type, est éligible au régime de protection des droits d’auteurs.

 

Dans un deuxième temps, les magistrats se penchent sur les actes constitutifs de contrefaçon de l’espèce.

 

La décision reconnaît la violation du contrat de licence GNU GLPV2 par les sociétés Orange.

 

En effet, le logiciel LASSO a été modifié par les sociétés Orange et représente 57% de la plateforme IDMP, plateforme créée pour répondre à l’appel d’offre de l’administration. Cependant, l’absence d’avis de modification du logiciel LASSO, la distribution à titre commercial et non pas gratuite à l’Etat de la plateforme IDMP, l’absence de communication de l’intégralité du code source du logiciel LASSO, et l’absence de mention de la paternité du logiciel est jugé constitutif d’une violation caractérisée des dispositions du contrat de licence.

 

À travers ces actes de violations, la société Orange a, selon la Cour d’appel de Paris, effectivement commis des actes de contrefaçons portant atteintes aux droits de la société Entr’Ouvert.

 

Par conséquent, les sociétés Orange sont condamnées par la Cour d’appel de Paris à verser la somme 800 000€ à la société Entr’Ouvert pour contrefaçon pour violation de ses droits d’auteur.

 

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Protection de l’image des mineurs sur les réseaux sociaux

Audit RGPD Nantes    Le 19 février 2024 a été promulguée la loi n°2024-120 visant à garantir le respect du droit à l’image des enfants. Nous vous proposons un bref résumé des apports de cette loi.

 

Le constat d’une nécessaire protection de l’image des mineurs

 

Cette nouvelle loi est née du constat que, dans une société de plus en plus numérisée, la protection de la sécurité des mineurs implique désormais la protection de leur vie privée en ligne.

Selon une enquête, avant l’âge de 13 ans, un enfant apparaît en moyenne sur 1300 photographies publiées en ligne (sur une page propre ou plus souvent sur celles de ses parents ou proches).

Cela est source de difficultés, notamment en termes de contrôle de la diffusion de ces images sur lesquelles le mineur n’a pas la main (notamment vis-à-vis d’un détournement des images par des cercles pédopornographiques), qui peuvent en outre demeurer longtemps sur internet.

 

Les apports de la loi du 19 février 2024

 

La nouvelle loi ajoute désormais, dans les devoirs des parents au titre de l’autorité parentale, le devoir de protéger la vie privée de leur enfant (au même titre donc que sa santé ou sa moralité).

Elle crée également un nouvel article mentionnant que les parents doivent protéger en commun le droit à l’image de leur enfant, mais également associer l’enfant à l’exercice de son droit, selon son âge et son degré de maturité.

Les parents peuvent en outre perdre cette gestion du droit à l’image de l’enfant, en cas de diffusion portant gravement atteinte à sa dignité ou son intégrité morale, sur demande d’un particulier, d’un établissement ou d’un service départemental de l’aide sociale à l’enfance ayant recueilli l’enfant.

Le juge aux affaires familiales se voit également doté de nouveaux pouvoirs en la matière, puisqu’en cas de désaccord entre les parents sur l’exercice du droit à l’image de l’enfant, il peut désormais interdire à l’un des parents de diffuser du contenu sans l’autorisation de l’autre parent.

Enfin, la loi dote également de nouvelles attributions la CNIL, qui peut désormais (via son Président) demander en référé à un juge d’ordonner toute mesure nécessaire visant à sauvegarder les droits ou libertés d’un mineur suite à un refus ou un défaut d’effacement de données à caractère personnel.

 

En résumé, cette loi vise à responsabiliser davantage les parents sur l’utilisation qui est faite de l’image de leurs enfants mineurs ce qui semble une bonne chose, responsabilisation qui, espérons-le, ne sera pas détournée en cas de mésentente entre les parents.

Si vous souhaitez en savoir plus, un avocat propriété intellectuelle et droit à l’image se tient à votre disposition.